Conviction

Aligner les autorisations sur la mission réelle de l'agent

Une application cible peut proposer un rôle minimal qui reste beaucoup plus puissant que la tâche confiée à un agent.

Le moindre privilège s’examine donc à plusieurs niveaux : outils visibles, droits de l’identité, actions réellement nécessaires.

Trois questions distinctes

NiveauQuestionExemple d’écart
OutilsQuels outils l’agent voit-il ?Un connecteur générique expose vingt fonctions pour une tâche qui en utilise une.
IdentitéQuels droits possède l’identité utilisée par l’outil ?Un compte de service partagé écrit dans toute la base.
MissionParmi ces droits, quelles actions correspondent à cette mission ?Seul l’export d’un rapport précis est attendu.

Réduire le premier niveau ne règle pas le deuxième, et un rôle bien choisi au deuxième niveau peut rester trop large au troisième.

Un rôle DOCUMENT_ADMIN pour un simple export

Le rôle technique disponible permet de lire, exporter, modifier, supprimer, partager et changer les permissions. La mission de l’agent : exporter un rapport sélectionné vers une destination approuvée.

Rôle DOCUMENT_ADMIN et mission de l’agent

Le rôle DOCUMENT_ADMIN permet de lire, exporter, modifier, supprimer, partager et changer les permissions. La mission consiste à exporter un rapport choisi vers une destination approuvée : l’export est autorisé dans ce contexte, la lecture reste nécessaire, les autres actions sont bloquées.

Exemple d’architecture : le rôle couvre six actions, la mission n’en requiert que deux.

Il s’agit d’un exemple d’architecture. Toutes les applications ne permettent pas d’exprimer ce découpage nativement ; lorsqu’elles ne le permettent pas, la restriction doit être portée par un composant placé entre l’agent et l’application.

Ce que documente OWASP

OWASP identifie trois causes racines de l’agentivité excessive : fonctionnalités excessives, permissions excessives et autonomie excessive. Parmi ses exemples : une extension exposant modification et suppression quand seule la lecture est requise, ou des credentials en aval disposant de UPDATE, INSERT et DELETE quand SELECT suffit.[1]

Ses recommandations incluent de n’exposer que les fonctions nécessaires, d’éviter les outils trop génériques, de minimiser les permissions en aval et d’exécuter les actions dans le contexte d’autorisation de l’utilisateur lorsque c’est approprié.[1]

Pour MCP, OWASP recommande d’accorder aux serveurs les seules permissions requises, avec des credentials cloisonnés et des scopes OAuth étroits.[2]

Du rôle à la décision contextuelle

Le NIST définit l’ABAC comme une méthode où l’autorisation évalue des attributs du sujet, de l’objet, de l’opération demandée et, dans certains cas, de l’environnement, au regard de politiques ou de règles.[3]

Appliqué à un agent, le contexte utile peut comprendre par exemple les attributs suivants. Cette liste est la nôtre ; le NIST ne prescrit pas de liste propre aux agents.

  • agent identity
  • human requester
  • tool
  • operation
  • resource
  • parameters
  • destination
  • data classification
  • environment

Conséquences d’architecture

Distinguer demandeur humain et identité de l’agent
La décision peut alors tenir compte des droits de l’utilisateur pour lequel l’agent agit.
Contrôler les paramètres
Autoriser « export » ne suffit pas si la destination ou le périmètre des données sont libres.
Externaliser la décision quand le rôle natif est trop grossier
Une politique évalue l’action précise à partir des attributs disponibles.

Limite

Un rôle natif suffisamment granulaire peut suffire dans certaines applications. Une politique externe n’est pas requise partout : elle se justifie lorsque l’écart entre le rôle disponible et la mission reste significatif.

Contenus associés

Sources

Sources vérifiées le

  1. [1]

    Framework

    OWASP GenAI Security Project

    LLM06:2025 Excessive Agency (lien externe, nouvel onglet)

    Fiche OWASP sur l'agentivité excessive : fonctionnalités, permissions et autonomie excessives, et mesures d'atténuation dont la médiation complète.

    Vérifié le

  2. [2]

    Framework

    OWASP Cheat Sheet Series

    MCP Security Cheat Sheet (lien externe, nouvel onglet)

    Recommandations de sécurité portant sur les architectures MCP, leurs clients, serveurs, outils et connexions.

    Vérifié le

  3. [3]

    Norme

    NIST

    Guide to Attribute Based Access Control (ABAC) Definition and Considerations (NIST SP 800-162) (lien externe, nouvel onglet)

    Guide du NIST définissant l'ABAC : évaluation d'attributs du sujet, de l'objet, de l'opération et de l'environnement au regard de politiques.

    Vérifié le

Appliquer ce principe à une architecture réelle

Nous pouvons partir d’un agent, d’un outil MCP ou d’une action sensible pour identifier la frontière de contrôle et vérifier comment elle est réellement appliquée.

Étudier mon architecture