Technologie

Axiomatics : décider ce qu’une identité peut réellement faire

Axiomatics externalise la logique d’autorisation : une application, une API ou un agent demande si une action précise doit être autorisée dans le contexte où elle est réellement exécutée.[1]

La décision peut combiner l’identité, l’action demandée, la ressource ciblée, le contexte, les relations et des données métier récupérées auprès de sources externes. Une partie des règles d’accès sort ainsi du code applicatif pour être administrée comme des politiques centralisées, testables et auditables.

Authorization decision flow

L’agent IA émet une action. Le PEP l’intercepte et demande une décision au PDP. Le PDP évalue les politiques gérées dans le PAP, avec le contexte fourni par le PIP (identité, ressource, contexte, relation), et renvoie Permit ou Deny. Le PEP applique la décision avant d’atteindre l’API, l’outil ou la donnée. La décision est journalisée.

PEP intercepts · PDP decides · PIP provides context · PAP manages policies · PEP enforces.

Une décision sur une action, pas seulement sur un rôle

Le modèle d’autorisation part d’une requête qui porte sur plusieurs dimensions.[1]

SubjectQui agit ?
  • Utilisateur
  • Agent
  • Service
  • Application
  • Compte technique
ActionQue veut-il faire ?
  • Read
  • Export
  • Approve
  • Delete
  • Execute
  • Call tool
ResourceSur quoi ?
  • API
  • Document
  • Record
  • Dataset
  • Tool
  • Service
ContextDans quelles conditions ?
  • Environment
  • Time
  • Device
  • Risk
  • Location
  • Data sensitivity
  • Relationship

Une politique peut combiner plusieurs de ces dimensions pour produire une décision adaptée à l’exécution en cours. Aucune décision ne les utilise toutes par obligation.

Plusieurs modèles peuvent coexister

ModelWhat it usesUseful when
RBACRolesLa fonction métier stable constitue une bonne abstraction du droit.
ABACAttributesLa décision dépend de caractéristiques du sujet, de la ressource, de l’action ou du contexte.
PBACPoliciesLa logique d’autorisation doit être portée et gouvernée comme une politique.
ReBACRelationshipsLa relation entre le sujet et la ressource fait partie de la décision.

Axiomatics supporte ces modèles dans ses politiques.[1] L’intérêt n’est pas de supprimer les rôles, mais d’éviter de transformer chaque combinaison de contexte en nouveau rôle statique.

PDP : l’endroit où la décision est prise

Le Policy Decision Point reçoit une demande d’autorisation, évalue les politiques et retourne une décision : Permit ou Deny dans le cas le plus simple. Il peut aussi retourner des obligations ou de l’advice, que le composant d’enforcement applique avec la décision.[1]

Contrôle

Illustration : export avec obligation

Action : Export customer records. Contexte : agent = reporting-agent · requester = authorised-user · destination = reporting-platform · data = selected-fields · environment = production.

Résultat possible : Permit, avec l’obligation Remove restricted fields. Exemple pédagogique du mécanisme, pas une configuration livrée.

PEP : l’endroit où la décision devient un contrôle

Le Policy Enforcement Point se trouve sur le chemin de l’action. Il intercepte la requête, construit la demande d’autorisation, appelle le PDP, reçoit le résultat et applique la décision avant l’accès à la ressource.

Séquence PEP / PDP

Agent, PEP, demande d’autorisation au PDP, Permit ou Deny renvoyé au PEP, puis ressource.

Limitation
Une politique ne protège réellement une action que si le chemin d’exécution impose le passage par un point d’enforcement. Analyse Sécurité Agentique.

PIP : obtenir le contexte au moment de décider

Une décision ABAC nécessite des attributs. Axiomatics peut les récupérer auprès de sources externes via des Policy Information Points, plutôt que d’imposer la réplication de toutes les identités dans la plateforme. Sources et interfaces citées dans la documentation :[1]

  • Active Directory
  • LDAP
  • Microsoft Entra ID
  • Workday
  • ServiceNow
  • SAP S/4HANA
  • Power BI
  • Jira
  • Google Workspace
  • GCP
  • SQL / JDBC
  • Graph
  • REST / HTTP
  • SCIM
  • IdP / JWT

Cette liste reprend les sources citées ; elle ne qualifie pas chacune comme connecteur natif certifié.

Administrer la politique séparément de l’application

Le Policy Administration Point et les composants de management servent à définir, tester, publier et faire évoluer les politiques.[1]

  • Policy authoring
  • Attribute management
  • Policy testing
  • Policy publishing
  • Policy lifecycle
  • Configuration management
  • Policy analysis (selon version)
  • Collaboration (selon version)

Une politique peut aussi devenir du code

Deux approches coexistent : interface graphique et policy-as-code. Le langage mis en avant est ALFA (Abbreviated Language for Authorization), avec XACML comme fondation de politique.[1]

Simplified policy example · syntaxe non normative
policy customerExport {
    permit if
        subject.type == "ai-agent"
        and action == "export"
        and resource.type == "customer-record"
        and environment.destination == "reporting-platform";
}

Tester la politique avant son déploiement

La documentation associe le Policy Testing Framework et les pratiques Policy DevOps aux tests de politiques, au policy tracing, à la CI/CD, à la validation avant production et au déploiement.[1]

Cycle de vie d’une politique

Politique, test, trace, validation, déploiement, observation.

Deux types de questions d’autorisation

ADS · question fermée

Axiomatics Decision Services / Access Decision Service

« Can Alice view document 123? »

Réponse : Permit / Deny.

CAQ · question ouverte

Contextual Authorization Query

« What can Alice do? » · « Who can edit resource 132? »

Sert à calculer des habilitations dérivées des politiques, produire des listes d’accès, soutenir des analyses et alimenter un provisioning dérivé des politiques.

Sources : documentation Axiomatics.[1] CAQ ne fait pas d’Axiomatics une IGA complète.

Trois manières d’appliquer une politique

Three integration modes

A, décision runtime : requête, PEP, PDP, Permit ou Deny, ressource. B, provisioning dérivé des politiques : politique, CAQ, permissions calculées, orchestrateur, système cible. C, enrichissement de token : fournisseur d’identité, Axiomatics, claims calculés, token, application.

Trois modes indépendants : une architecture peut n’en utiliser qu’un.
A · Runtime decision
API, microservices, applications contrôlables, couches de données ; MCP ou A2A lorsque le point d’enforcement existe.
B · Policy-derived provisioning
Axiomatics calcule les permissions ; l’orchestrateur ou le système d’identité exécute le provisioning.
C · Token enrichment
Les claims du token sont calculés à partir des politiques au moment de l’émission.

Ces trois modes, décrits dans la documentation,[1] répondent à des besoins différents et ne sont pas requis simultanément.

Une plateforme conçue pour être appelée

  • REST synchrone
  • JSON / XML
  • API runtime
  • API d’administration
  • OpenAPI / Swagger
  • SDK Java officiel
  • Correlation ID
  • Obligations / advice
  • Stateless runtime

Des guides d’intégration sont cités pour plusieurs API gateways, notamment Kong, Apigee, MuleSoft, Axway, Tyk, Istio et Envoy.[1]

Ce que la plateforme ne fournit pas elle-même

La documentation 2026 indique l’absence native de :[1]

  • API key management
  • Rate limiting
  • WebSocket / SSE streaming API
  • Webhook / message broker async
  • Global SaaS status page
  • Dashboard API complet

Rate limiting et restrictions réseau relèvent de l’architecture environnante, par exemple un load balancer ou une gateway contrôlés par le client. C’est une frontière fonctionnelle.

Déployer le moteur dans l’environnement contrôlé par le client

Dans la documentation 2026, Axiomatics est décrit comme self-hosted : on-premises, Docker, Kubernetes, cloud contrôlé par le client ou architecture hybride. Les moteurs de décision sont stateless, scalables verticalement et horizontalement derrière un load balancer, compatibles avec l’autoscaling Kubernetes.[1]

Load balancing, géoréplication, failover, reprise d’activité et objectifs RTO/RPO dépendent de l’architecture exploitée par le client. Aucun SLA n’est indiqué ici.

Performance déclarée par l’éditeur

Pour un moteur sur une « architecture de base », le dossier produit communique 4 000 requêtes par seconde et une latence inférieure à la milliseconde.[1]

Donnée communiquée par Axiomatics

Non précisés : configuration CPU/RAM, taille des politiques, appels PIP, percentile de latence, conditions réseau, protocole de mesure. Ce chiffre n’est ni un benchmark indépendant ni une garantie de dimensionnement.

Garder la trace de la décision

Les moteurs produisent des logs d’autorisation qui retracent les décisions évaluées. Un correlation ID fourni dans la requête peut apparaître dans les logs pour rapprocher une décision d’une transaction applicative. La documentation mentionne aussi l’export et la configuration des logs, leur exploitation via les outils du client, l’intégration SIEM ou BI et l’audit administratif des modifications.[1] Dans le modèle self-hosted, stockage et rétention restent sous contrôle du client.

Decision audit trail

La requête produit une décision puis un enforcement ; un correlation ID relie la transaction au journal d’audit, exporté vers un SIEM ou un outil BI.

Appliquer l’autorisation aux agents et identités non humaines

Le moteur ne dépend pas du caractère humain de l’identité : un agent, un service, une application ou un robot peut être le sujet d’une politique si les attributs nécessaires sont disponibles.[2] Dimensions possibles d’une décision pour un agent :

  • Agent identity
  • Human requester
  • Tool
  • Action
  • Resource
  • Data sensitivity
  • Destination
  • Environment
  • Relationship

Autoriser les tool calls au moment de l’action

Dans une architecture MCP, un point d’enforcement peut demander une décision avant qu’un tool call n’atteigne le serveur ou la ressource protégée. Le PDP peut prendre en compte l’identité, l’outil, les paramètres, la ressource et le contexte.[3] Voir sécuriser MCP.

Autorisation d’un tool call MCP

Agent IA, proxy MCP ou d’outil, PEP, PDP, Permit ou Deny, outil, ressource.

Appliquer les politiques aux données utilisées par l’agent

Selon l’architecture, l’autorisation peut limiter les documents, enregistrements, datasets, champs, catégories de données ou résultats retournés à l’agent.[2] Axiomatics ne fournit pas de moteur RAG : il décide lorsque le point d’enforcement et les attributs sont disponibles. Voir protéger RAG et mémoire.

Décider aussi lorsqu’un agent agit avec un autre agent

La vision d’autorisation pour l’IA d’Axiomatics inclut A2A et l’IA agentique.[2] Le principe reste le même : un sujet demande une action sur une ressource dans un contexte, et une politique décide.

Séparer l’autorisation pour l’IA de l’IA dans le produit

Produit décrit dans la documentation 2026
Pas d’IA intégrée au produit principal, pas de traitement IA général en production, pas de réutilisation des données client pour entraîner des modèles.
Policy Companion · pilote
Décrit comme un pilote séparé du produit principal.
Roadmap
Assistance au policy authoring, génération depuis le langage naturel, analyse, recommandations. Non disponible en production à la date de la documentation.

Source : documentation Axiomatics.[1]

Sécurité et contrôle de l’environnement

Axiomatics AB est certifiée ISO/IEC 27001:2022 (certificat 27001-1085, expiration indiquée au 6 septembre 2027). Le périmètre couvre le développement, le support, la vente et la maintenance de la plateforme d’autorisation dynamique externalisée.[4]

La documentation sécurité décrit aussi des revues de code, l’usage de SonarQube et Snyk, OWASP SAMM, des SBOM, la gestion des secrets dans les pipelines, des tests de sécurité et des pentests.[1]

Un modèle où le client contrôle l’instance

Dans l’architecture self-hosted décrite, les données de production restent dans l’environnement du client. Politiques, configurations et logs existent dans l’instance ; Axiomatics n’est pas décrit comme hébergeant un référentiel SaaS de données de production client.[1]

Ce que l’autorisation fine ne remplace pas

CapabilityRôle d’Axiomatics
Authentication / SSO / MFAS’intègre à l’IdP. Ne remplace pas l’IdP.
Identity lifecycleNe fournit pas un moteur JML complet.
IGAPeut fournir décisions, analyses et politiques. Ne remplace pas demandes, campagnes, workflows et provisioning complet.
PAM / secretsNe constitue pas un coffre de secrets ou un PAM.
API GatewayNe fournit pas nativement toutes les fonctions d’une gateway, notamment le rate limiting.
SIEMProduit des traces mais ne remplace pas un SIEM.
Runtime workload securityDécide de la légitimité d’une action. Ne protège pas à lui seul processus, fichiers et réseau du workload.
Data qualityN’est pas un moteur de qualité des données.

Architecture d’ensemble

Fine-Grained Authorization Architecture

Un utilisateur ou un agent IA envoie une requête. Le PEP l’intercepte et interroge le service d’autorisation (PDP), qui applique les politiques gérées dans le PAP et obtient via le PIP des attributs d’identité, de données et de contexte. Le PDP renvoie Permit ou Deny ; le PEP applique la décision avant l’API, le serveur MCP ou la donnée, puis l’effet se produit. Les décisions sont journalisées vers l’audit ou le SIEM.

Fine-Grained Authorization Architecture. Schéma de principe Sécurité Agentique.

Contenus associés

Sources

  1. [1]

    Documentation éditeurDocument non public

    Axiomatics

    Axiomatics - Authorization Platform

    Présentation détaillée de la plateforme d'autorisation, de son architecture, de ses composants, de ses modèles de politique et de ses capacités d'intégration.

  2. [2]

    Documentation éditeur

    Axiomatics

    Securing AI (lien externe, nouvel onglet)

    Documentation Axiomatics consacrée à l'autorisation policy-driven des agents IA, outils MCP, RAG, données et communications agent-to-agent.

    Vérifié le

  3. [3]

    Documentation éditeur

    Axiomatics

    How authorization fits in the OWASP MCP Top 10 (lien externe, nouvel onglet)

    Publication Axiomatics présentant l'application de l'autorisation basée sur des politiques aux architectures MCP.

    Vérifié le

  4. [4]

    NormeDocument non public

    Axiomatics AB

    ISO/IEC 27001:2022 Certificate

    Certificat ISO/IEC 27001:2022 n° 27001-1085 d'Axiomatics AB, couvrant le développement, le support, la vente et la maintenance de la plateforme d'autorisation dynamique externalisée.

Tester l’autorisation sur une action réelle

Nous pouvons partir d’une API, d’un outil MCP, d’un parcours de données ou d’un agent existant pour identifier la décision à externaliser, les attributs nécessaires et le point où elle doit être appliquée.

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